INTERVIEW : YANDY GRAFFER, le street artiste venu du Pérou

INTERVIEW : YANDY GRAFFER, le street artiste venu du Pérou

Yandy Graffer, ce nom vous dit sûrement quelque chose? Ce street-artiste sud-américain, plus précisément péruvien, vit à Lyon depuis quelques années maintenant et a su trouver sa place dans l’univers lyonnais du graffiti. En effet, que ce soit à Croix-Rousse, lors d’évènements comme Peintures Fraîches ou encore en collaboration avec Superposition, les œuvres ultra colorées de Yandy Graffer sont partout ! J’ai ainsi pu aller à sa rencontre et l’interviewer pour en savoir plus sur lui et son travail.

© Lionel Rault

-Salut Yandy et merci pour le temps que tu prendras pour répondre à mes questions ! Pour commencer, peux-tu nous dire quelques mots sur tes origines et ton parcours artistique ?

Salut ! Oui bien-sûr. Depuis que je suis enfant, j’aime être créatif. J’ai toujours eu les meilleures notes en cours d’arts visuels à l’école et c’est ainsi que j’ai réalisé que j’avais un talent pour les arts plastiques et visuels. J’ai grandi en voyant beaucoup de graffitis dans les rues de Lima entre 1999 et les années 2000. C’est cela qui m’a amené à expérimenter le grand format sur les murs et à m’intéresser passionnément pour la culture hip-hop. J’ai commencé à faire du graffiti en 2007 avec des amis de mon quartier et nous avons formé un Crew qui s’appelle Pinturas Manchan Fronteras (PMF), ce qui signifie “Les peintures tâchent les frontières”.

En 2010, j’ai commencé une carrière dans le graphisme publicitaire. C’est ce qui marque le début de mon travail avec des marques de vêtements, à concevoir leurs illustrations et divers travaux de conception pour leurs produits.

En 2012, j’ai voulu réaliser mon rêve d’entrer à l’Ecole des Beaux-Arts de Lima où débuterait ma carrière d’artiste. C’est cette année-là que j’ai commencé à suivre une formation en dessin d’observation et préparation au concours d’entrée.

En 2013, je suis ainsi entré à l’Ecole Nationale Supérieure Autonome des Beaux-Arts dans la spécialité Gravure. Puis, au fil du temps, je mélangeais art urbain et arts traditionnels dans une même sphère en lui donnant mon langage personnel auquel je m’identifie.

-Tu es donc arrivé sur Lyon il y a 4 ans. Y a-t-il quelque chose qui a pu te surprendre en arrivant en France, que ce soit au niveau artistique, culturel ou social?

Oui et ce qui m’a surpris c’est qu’ici, en Europe, le graffiti et le street art avaient déjà autant leur place dans la rue que dans les musées et galeries. Contrairement à l’Amérique latine, où l’art urbain reste dans les rues. 

– Comment as-tu réussi à te faire un nom sur Lyon ? As-tu fait des rencontres qui t’ont aidé/marqué?

En 2016, avant d’arriver à Lyon, j’ai commencé à étudier tous les projets artistiques de la ville liés à l’art urbain. Je leur ai envoyé mon portfolio d’artiste pour me présenter et c’est ainsi que j’ai trouvé des galeries pour pouvoir exposer et des festivals de street-art auxquels j’ai participé.

Ma première exposition personnelle a eu lieu à la galerie Clemouchka à la Croix Rouge , une expo collective avec la Taverne de Gutenberg et un festival de street-art avec Superposition Lyon.

– Peux-tu nous parler un peu de ton parcours avec Superposition?

J’ai commencé à collaborer avec Superposition en 2017, pour la seconde édition de Urban Art. C’est là où j’ai commencé à rencontrer de nombreux autres artistes lyonnais, dont je connaissais le travail, mais je ne savais pas encore les reconnaître ! C’est ainsi, petit à petit, que j’ai pu tisser des liens et commencé à me faire connaître. Par la suite, Superposition m’a invité à participer à beaucoup d’expositions, de festivals et de projets.

– Y a-t-il eu des évènements artistiques qui t’ont particulièrement marqué, dans lesquels tu t’es très épanoui?

Le festival le plus cool auquel j’ai pu participer était One Shot en octobre 2018, organisé par Superposition. Le but était de revisiter un magasin de 2000 m² vide dans le centre commercial de Confluence. On était comme des fous parce qu’on avait deux gros projets en même temps avec One Shot ainsi que la grande fresque organisée par My Presqu’Île, qui organise des activités sur toute la presqu’île de Lyon avec les commerces, les restaurants… Ainsi, une des activités était de faire une fresque sur la rue Victor Hugo qui à l’époque se préparait à être en travaux. On a donc eu l’opportunité d’y faire une fresque avant qu’elle soit détruite et reconstruite. En plus de participer à la fresque, j’ai aussi eu la chance de pouvoir travailler sur toute la communication graphique du festival et je pense que c’est cette année, grâce à tous ces projets, que je me suis vraiment fait connaître. Aujourd’hui, je suis indépendant mais je participe tout de même à de nombreux projets organisés par différentes structures culturelles.

– Récemment, tu as participé à une exposition virtuelle en ligne, peux-tu nous en parler un peu ? Etait-ce ta première exposition virtuelle? Quel a été ton ressenti?

En mars dernier, pendant le premier confinement, j’ai participé pour la première fois à une exposition virtuelle. Avec la crise sanitaire, il fallait continuer à faire vivre les projets d’expositions d’une autre manière, et c’est pour ça que ce genre de projet a vu le jour. C’est l’association Urban Art Paris qui est à l’origine de cet évènement virtuel intitulé : Fenêtre ouverte. sur l’idée d’ouvrir sa fenêtre, depuis chez soi et de se demander : “ Qu’est-ce que tu vois de chez toi, dehors ?”. Cette association organise chaque année une exposition. Cela m’a permis de rencontrer, virtuellement, de nouveaux artistes que j’ai ensuite pu rencontrer à Paris avec la petite exposition Lyon-Paris organisée récemment et IRL à Paris.

– Quels sont tes projets aujourd’hui ?

Une exposition collective sur Paris est à nouveau prévue, différents styles seront mélangés, pas seulement du street-art. Chaque artiste va avoir son espace pour exposer plusieurs oeuvres. Sur Lyon, tout dépendra de la situation, mais je pense préparer une exposition individuelle. Je suis encore en réflexion sur le local.

Puis, par rapport à mon travail, je commence à favoriser les oeuvres en 3D, les structures et assemblages, sculptures, avec toutes sortes de matériaux que je retrouve par terre comme des bouteilles en plastique, des pièces de voitures que je fixe entre elles avec des vis. Ensuite, j’ajoute sur la structure de la couleur. C’est le nouvel univers que je commence à me créer. En effet, je n’aime pas le modelage, je préfère recycler, récupérer des choses qui existent déjà pour leur donner une nouvelle vie, une identité. Ainsi, je transforme la matière pour un nouvel usage.

-INFOS PRATIQUES-

Insta : Yandy Graffer | Ses archives : Yandy Graffer Archives

+ d’infos sur l’exposition virtuelle.

Merci encore à Yandy d’avoir échangé avec nous en toute spontanéité, honnêteté et gentillesse !

Propos recueillis par Anaïs Legros.

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