INTERVIEW : UN APRES-MIDI AVEC HETA ONE

INTERVIEW : UN APRES-MIDI AVEC HETA ONE

Mercredi 10 Février dernier, nous avons eu la chance de passer un après-midi avec l’artiste Heta One qui nous a ouvert les portes de son atelier. L’occasion d’échanger avec lui sur son parcours et sur ce qui l’anime au quotidien dans sa peinture et ses rencontres humaines.

Temps de lecture : 3 minutes

– Parle-nous de toi et de tes débuts dans la peinture ?

Aujourd’hui j’ai 44 ans et j’ai commencé à peindre vers l’âge de 14 ans, c’est l’âge où j’ai commencé à faire mes premiers tags. Je n’étais pas encore en train de comprendre ce que je faisais, je voulais surtout passer du temps avec mes copains. Ce n’est qu’à l’âge de 18-20 ans que j’ai commencé à m’intéresser aux couleurs et aux techniques. J’ai d’abord pensé que j’aimerais faire de la BD, mais très vite j’ai été intéressé par le graffiti pour pouvoir être dehors, voyager et partager cette forme d’art avec ceux qui m’entouraient. Après un passage à l’école des Beaux-Arts de Dijon, j’ai été pris à Chalon dans la rue où j’étais artiste résident et j’y suis resté 10 ans. C’est à partir de là que j’ai développé mon activité et mon style.

-Peux-tu nous parler de ton travail actuel , de tes techniques ?

Depuis quelques années je peins avec Mr S, professionnellement parlant je me suis associé à lui, on parle beaucoup ensemble. Cela m’a beaucoup ouvert sur le street-art car lui travaille essentiellement le pochoir. Aujourd’hui, nous avons des styles complémentaires, on a l’habitude de travailler ensemble et nous avons donc créer un style commun. Cependant en ce qui me concerne, je n’ai pas un style attitré, ma culture reste le lettrage. Quand on regarde mon site internet, mon portfolio ou mon compte Instagram, on peut voir que mon style est assez hybride, mais quand on regarde mes stories plus particulièrement celles de voyage, il y a des fresques plus simples, pour ceux qui ne s’y connaissent pas trop, on pourrait penser à des tags mal faits, mais en réalité c’est le travail dont je suis le plus fier ! Derrière il y a une histoire, et ces derniers reflètent le vrai plaisir du tag originel, c’est à dire d’écrire son nom, d’être vu, d’être sur la place publique. L’espace public à mon sens ne doit pas être réservé qu’aux politiciens ou aux publicitaires mais aussi à nous. J’aime étendre cette culture et ce plaisir du graff, pas toujours aseptisant, de partout dans le monde, j’aime voyager pour cela, et j’en suis à plus d’une cinquantaine de pays. Cela a été forcément beaucoup de sacrifice de voyager autant, mais cela m’a aussi énormément apporté.

– Quelle est la fresque dont tu es le pus fier ?

La fresque dont je suis plus plus fier c’est très certainement celle à Joigny, je l’ai réalisé à une époque où il y avait encore très peu de « gros murs ». J’ai eu un thème libre, ce qui est assez rare. C’est ma première fresque à plusieurs étages de haut comme ça tout seul. J’ai fait d’autres fresques de cette taille là depuis, mais à Joigny c’était une autre époque; voir une de mes oeuvres en grand format, c’était vraiment chouette ! Je pense aussi que d’avoir peint à plus de 5000m d’altitude en Himalaya avait quelque chose de particulier.

-Où puises-tu ton inspiration ?

Alors au départ ma culture elle est 100% graffiti. Il y avait au début de l’inspiration issue de la BD, mais c’était avant tout les autres graffeurs. C’est les autres graffeurs qui étaient là avant moi qui m’ont inspiré et donné envie de les défier, de faire mieux qu’eux. Là où pour moi le street art est presque un effet de mode, le graffiti lui est en rupture. C’est un univers qui me parle plus, un monde et un langage que j’avais en commun avec mes amis. Un univers privilégié, que tout le monde n’avait pas. C’est la première chose qui m’a plu et c’est ce qui m’a influencé et m’influence toujours aujourd’hui.

-Le mot de la fin, pour toi, c’est quoi être un artiste en 2021 ?

Question difficile. Quand j’organise des ateliers avec les enfants, il y a souvent cette question qui revient, « oui mais je ne sais pas dessiner ». A cette question je réponds toujours « il y a ceux qui dessinent et ceux qui ne dessinent pas ». En fait, quelque soit ton niveau, il faut essayer. A partir du moment où tu produis quelque chose, où tu peins, où tu créés, pour moi tu es un artiste.

-INFOS PRATIQUES-

Site Internet de HETA : http://www.heta-graffiti.com/ et sur Instagram : hetaone

Vous pouvez retrouver à Lyon sa fresque « Silk Road » en collab’ avec Mr S : Place des Tapis – 69004 Lyon

Merci encore mille fois à Sylvain de nous avoir reçu le temps d’un après-midi dans son univers, et pour son partage et sa gentillesse !

Propos et photos recueillis par L. Dubois à l’Usine, les autres photos des fresques sont issues du site d’Heta.

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