INTERVIEW : My stencil, ou le street art en écho à l’actualité

INTERVIEW : My stencil, ou le street art en écho à l’actualité

Assez discret et mystérieux, l’artiste My stencil a accepté de nous accorder une interview via un jeu de questions-réponses. Focus sur un artiste dont les œuvres ne laissent personne indifférent !

Temps de lecture : 3 minutes

Que peux-tu nous dire sur toi ?

Je suis My stencil. J’ai entre 20 et 50 ans, j’habite et je travaille à Lyon, et je fais du pochoir en tant que street artiste.

Pourquoi ce nom ?

Le sens se trouve dans la traduction française de mon pseudo : « My » pour mon, « stencil » pour pochoir. Ce sont mes pochoirs, mais une fois que je les ai collés ils sont à tout le monde.

Chat – Crédit photo : My stencil
Pochoir chat – Crédit photo : My stencil

Peux-tu nous parler de ton process de création et de réalisation ?

Je travaille uniquement avec des pochoirs et des créations à l’échelle 1. J’ai deux modes opératoires : soit je peins le pochoir directement sur le mur, soit je le colle en l’ayant préparé avant. Concernant la pose, je sors et je colle toujours la nuit seul.

Amazon stole my job – Crédit photo : My stencil

Quel est ton moment préféré pour créer ?

Je n’ai pas vraiment de moment privilégié pour créer. Quand j’ai un projet en tête  je m’y attelle, et quand j’ai 5 minutes j’avance sur mon pochoir en cours.

Quelles techniques utilises-tu ? Pourquoi privilégier celles-ci ?

J’utilise exclusivement le pochoir comme technique. Son principal avantage est de pouvoir être posé rapidement quand il est de petite taille. En revanche, quand le pochoir est de grand format je préfère le collage, c’est plus rapide à exécuter.

The future is unwritten – Crédit photo : My stencil

Où puises-tu ton inspiration ?

Je m’inspire essentiellement de l’actualité.

Tes œuvres sont actuelles et traitent de la politique. Quels messages souhaites-tu véhiculer avec tes œuvres ?

Je crée en réaction à une actualité qui me dérange. Au lieu de réagir sur les réseaux sociaux, je préfère réagir directement sur les murs et au regard de tous. Mes œuvres présentent mon point de vue, teinté d’ironie et d’un peu d’humour.

La lecture d’un pochoir ou d’une peinture étant subjective, le message qui sera lu sera différent d’une personne à l’autre. Par exemple quand j’ai fait le pochoir de Trump avec le kid, il a été partagé et commenté par des milliers de gens ; et les pro-Trump n’ont pas lu le même message que celui que je voulais véhiculer.

Time’s up , we take it back – Crédit photo : My stencil

Te considères-tu comme un artiste engagé ?

A mon sens, le concept même d’aller écrire sur un mur est un acte militant. Le message qui en émane peut être contestable, l’essentiel est qu’il soit fait dans le respect des règles et des codes propres à la rue.

J’estime que ce que je fais dans la rue n’est pas très différent ni plus légitime que les publicités placardées sur les murs, les abribus, les panneaux d’affichages. L’engagement reste relatif. A part une GAV (N.D.LR : Garde à vue), des TIG (N.D.L.R : Travail d’intérêt général) et des amendes, le risque est limité.

Terrorize people for dummies – Crédit photo : My stencil

Peut-on faire un parallèle entre ton travail et celui de Bansky ? Si oui dans quelles mesures ?

Bien avant Banksy, il y avait déjà des pochoiristes comme Blek le Rat (@blekleratoriginal)  ou Miss Tic (@.missticofficiel).

Je suis plus influencé par le travail de Poch (@patrice_poch)  ou de Ernest Pignon-Ernest (@ernestpignon). Et pour ma part, j’essaie de ne pas faire du Banksy, ni du Goin.

Devil inside – Crédit photo : My stencil

Quelle est l’influence des réseaux sociaux sur ton travail ?

Je ne suis pas très productif, car j’ai un vrai travail à côté qui me prend du temps. De fait, je poste uniquement les photos de mes pochoirs une fois qu’ils sont dans la rue.

Je ne suis pas présent sur les réseaux sociaux, j’ai juste mon profil Instagram. Je ne cours pas après la « fame ».

Quel est ton rapport à l’espace urbain comme lieu de création ?

J’essaie de m’adapter à l’espace en fonction de mon pochoir, En ville, les possibilités d’interagir avec l’environnement sont infinies. Et comme pour un espace publicitaire, j’essaie de trouver un spot qui permettra au pochoir d’être vu par le plus grand nombre de personnes.

If the kids are united…- Crédit photo : My stencil

Tu laisses quelques fois tes pochoirs en mode chasse au trésor, pour quelle raison ?

Je les laisse juste le plaisir d’offrir à quelqu’un l’un de mes pochoirs.

As-tu une anecdote à nous partager ?

Le journal Le Progrès a fait une demi-page sur moi comme si ils m’avaient interviewé, alors que je ne leur ai jamais parlé !

Quel est ton meilleur projet ?

Si tu entends par meilleur projet celui où je suis le plus content, techniquement c’était Macron sur le Tigre, ou le Dirty Dancing avec Collomb et Wauquiez.

J’ai eu également beaucoup de retours sur le pochoir de Trump avec le gone qui tient le monde sous le bras.

Quel est ton meilleur souvenir ?

Mes meilleurs souvenirs sont les rencontres avec les personnes qui me croisent la nuit, quand je colle ou je peins. On discute et on partage un moment, cela me fait toujours plaisir.

Quels sont les artistes que tu admires ?

J’admire tous les artistes qui se donnent du mal pour avancer et se développer dans leur art ; notamment ces deux dernières années avec le contexte culturel.

Quel est ton dernier coup de cœur artistique ?

Un gros big up à SOS tags et la qualité de leurs aplats de couleurs !

Conjugaison – Crédit photo : My stencil

Peux-tu nous faire part de tes prochaines actualités et expositions sur Lyon (& autres) ?

Je ne fais pas d’expositions, ma galerie c’est la rue. Ouvrez l’œil pour peut-être apercevoir mes prochaines œuvres !

-INFOS PRATIQUES-

Instagram : @my_stencil

Merci encore à My stencil pour le temps qu’il nous a accordé et nos échanges !

Propos recueillis par Lise ANDRE

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