INTERVIEW : Masha Magosia, la jardineuse des rues

INTERVIEW : Masha Magosia, la jardineuse des rues

Suite à la découverte de son travail dans le cadre du Murséum 1, nous sommes allés à la rencontre de l’artiste Masha Magosia pour en apprendre plus sur son univers. Focus sur une artiste pleine d’énergie créative !

Temps de lecture : 5 minutes

Qui es-tu ? Quel est ton parcours artistique ?

Je suis Masha, j’ai 25 ans. Je suis arrivée un peu au hasard dans le milieu de l’art urbain. J’ai depuis toujours un peu baigné dans l’art de manière générale. Ma maman est fan absolue de street art ; depuis que je suis gamine elle nous emmenait voir des expositions. J’ai découvert et appris à apprécier l’art au travers de ma mère. Dans la continuité, j’ai ensuite fait des études d’histoire de l’art.

Lors de ma licence, en 3ème année,  j’ai fait un stage dans une galerie de street art au sein de l’association Little Beaux-Arts. Elle organisait notamment une exposition à destination des enfants, appelée « One Two… Street Art ! ». Dans ce cadre, j’ai découvert les différentes techniques de street art, ainsi que des artistes assez renommés : Big Ben (@bigbenstreetart), Chanoir (@chanoir1980) etc.

Un jour, lors d’un temps calme à la galerie, avec les médiatrices on a décidé de passer le temps en faisant des pochoirs. Mon premier pochoir a été une fleur de lotus. Il m’a tellement plu que je l’ai dupliqué sur mes Doc Martens. Lucie Albon (@luciealbon), qui intervenait dans la galerie, a vu et m’a dit : « j’adore, je veux voir ça de partout ! ». Inconsciemment, cela m’a donné un peu comme une sorte de feu vert, et suivant l’adage « qui ne tente rien n’a rien » j’ai décidé de me lancer.

Lotus – Crédit photo : Masha Magosia

Je suis donc partie avec une amie un soir pour faire des pochoirs dans la rue. J’ai fait ça pour le plaisir, sans rien attendre. A cette époque je n’avais même pas encore de compte Instagram. Un soir, un ami m’a dit  « fais-toi un compte Instagram, il y a plein de photos de tout ce que tu fais dans la rue ! ». Je m’y suis mise, et en effet il y en avait pas mal ! Cela m’a donné envie de faire plaisir aux gens et de changer un peu leur journée.

« Cascade végétale » – Crédit photo : Masha Magosia

Auparavant j’étais chasseuse de street art, et quand j’avais passé une journée compliquée et que je voyais une petite tête de Zorm Zorm (@zorm.zorm) ou un carrelage de Ememem (@ememem.flacking) ça me donnait la patate ! La chasse de street art c’est un peu comme une chasse au trésor. Je me suis dit que je voulais faire pareil pour les autres. C’est marrant, on a toutes et tous des raisons différentes de faire du street art, de mon côté c’est très innocent et assez enfantin.

J’ai donc continué à faire des pochoirs dans la rue. Je n’en attendais pas autant en fait, car je suis quelqu’un qui se lasse très vite et qui a besoin de faire plein de choses en même temps. D’habitude, je ne peux pas rester plus d’un an sur un truc, je ne pensais pas devenir aussi passionnée. J’ai plein d’idées qui bouillonnent dans mon esprit ; j’ai l’impression que c’est inépuisable c’est fou ! Comme indiqué sur mon compte Instagram, j’aime bien dire que je fais du « gribouillage urbain » et du « jardinage sur béton », comme une « habilleuse de rue » !

« Rose grimpante sur béton » – Crédit photo : Masha Magosia

Pourquoi ce nom ?

Masha c’était mon surnom sur des jeux vidéo en ligne à la base (rires). J’ai cherché ensuite à le compléter avec quelque chose lié aux fleurs, car je savais que j’allais faire majoritairement cela en œuvres.

L’anglais étant ma langue maternelle quand j’étais petite, j’ai donc choisi un nom en lien avec cela et j’ai trouvé le complément « Magosia ». Macha est l’autre nom d’une déesse de la mythologie celtique irlandaise, Morrigan, dont le nom magosia signifie « plaine ». Mon papa ayant des origines écossaises, ça s’est imposé à moi assez naturellement ; et cela va plutôt bien avec mon thème de prédilection !

Sprays custom – Crédit photo : Masha Magosia

Peux-tu nous parler de ton process de création et de réalisation ? Quelles techniques utilises-tu ?

Je n’ai pas vraiment de processus, j’y vais comme ça. Par exemple, des fois je vais me réveiller la nuit et me dire par exemple « du lilas, du lilas partout ». Je vais le noter puis me rendormir, et le lendemain je me dirai « allez c’est parti pour le lilas ! ». Ou bien je vais voir une fleur et je vais me dire que j’en ferais bien un pochoir, ou alors je vais voir un lieu qui va m’inspirer pour faire quelque chose. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas en recherche, je réfléchis souvent aussi comment renouveler mes œuvres, toujours dans le thème du végétal.

Pour la création, j’aime me poser et dessiner plusieurs fois en me demandant comment concevoir mon pochoir : où sont les espaces pleins ? Où sont les espaces vides ? Comment faire pour que cela tienne ? Je n’ai pas de patience pour faire des œuvres avec plusieurs pochoirs, je veux que cela soit simple et en « one shot ».

Pochoirs – Crédit photo : Monsieur Pic

Concernant les techniques, en plus des pochoirs je me suis récemment mise au collage, et j’envisage d’aller vers des œuvres à la bombe. J’aimerais bien me débarrasser un peu de mes pochoirs, et faire ce que je fais déjà à la bombe. Le pochoir est assez simple à prendre en main pour débuter, maintenant j’ai envie d’autre chose. Personnellement je ne suis pas très organisée, quand je sors je prends toute ma pochette de pochoirs et toutes mes bombes. Je ne prévois pas quels pochoirs je vais utiliser, je vois sur place. Le côté négatif de cette méthode est le poids à transporter à chaque fois, surtout que les pochoirs prennent du poids avec la peinture qui reste séchée dessus. Pour cela, le collage est plus intéressant car il suffit de prendre un pinceau et les papiers ; même pour la colle il est possible de faire ça rapidement avec juste de la farine et de l’eau. Ensuite, j’aime bien me diversifier et tester de nouvelles choses, c’est pour cela que je m’entraîne en ce moment à la bombe. Avec le graff il y a aussi le côté « marquage de territoire » qui me plaît bien, le fait de laisser sa trace.

Collage – Crédit photo : Masha Magosia

Quel est ton moment préféré pour créer ?

Je préfère le soir pour créer, je suis depuis toujours un peu comme une bête de la nuit, genre une chauve-souris (rires). Je ne sais pas trop pourquoi, peut-être la Lune qui m’inspire plus ! Cela m’arrive souvent de me lancer à 23h et de me rendre compte d’un coup qu’il est 3h du matin ; je suis assez productive une fois lancée.

Où puises-tu ton inspiration ?

Je puise majoritairement mon inspiration dans la nature : les saisons, les atmosphères de nature etc. Je m’inspire de ce qui m’entoure ; venant de Haute-Savoie j’ai grandi au milieu des montagnes et de la nature.

J’aime surtout jouer avec les saisons : en automne des citrouilles et des feuilles mortes, en hiver du lilas, au printemps des fleurs du moment, au 1er mai du muguet etc. Au début je faisais de grosses marguerites et de grosses fleurs sans rapport, maintenant j’aime que mes œuvres soient en lien avec l’environnement actuel.

En outre, je suis très sensible donc l’inspiration peut venir de plein de choses différentes : mes émotions, ce que je vois, ce que j’entends, le lieu où je suis. Par exemple si je suis dans le Sud j’ai envie de faire des petites plantes rachitiques, ou quand je suis en Haute-Savoie en famille j’ai envie de faire des œuvres très verdoyantes.

« La Mashavore du Panier » – Crédit photo ; Masha Magosia

Peux-tu nous parler du collectif Murséum ?

J’ai eu l’idée durant le premier confinement ; j’avais pas mal de temps libre car je bossais dans le tourisme à ce moment (rires).

J’avais remarqué que le street art, qui est pourtant dans la rue, n’est pas vraiment quelque chose de très accessible pour tout le monde. Il se trouve surtout à Croix-Rousse, dans les Pentes, et dans le cœur du 7ème (Guillotière, Saxe). A Villeurbanne ça commence mais il n’y a pas grand-chose. En fait les personnes qui vivent dans les périphéries comme Villeurbanne ou Vénissieux en sont exclus. Ils n’ont déjà pas accès à ce type d’art, ils n’ont pas l’opportunité de croiser les artistes, ils n’ont pas les clés pour le comprendre et donc forcément leur œil ne s’habitue pas, ils ne sont pas sensibles à ce genre de choses en fait. Même chose pour les personnes âgées, elles voient souvent cela comme du vandalisme et non comme un moyen d’expression.

Logo du Murséum – Crédit photo : Masha Magosia

J’ai donc eu l’envie de faire une exposition à ciel ouvert pour le rendre plus accessible. Les œuvres seraient encadrées comme dans un vrai musée,  avec des cartels explicatifs pour donner les noms des artistes ainsi que des clés de lecture sur les techniques et les messages. Cela tombait à pic car les musées étaient justement fermés en ce moment. L’idée était aussi de démystifier le côté institutionnel des musées. Le nom Murséum résume bien le tout : un musée sur murs. J’ai réuni un groupe d’amis artistes et nous nous sommes lancés dans l’aventure Murséum (@lemurseum) !

Oeuvre pour le Murséum 1 – Crédit photo : Masha Magosia

La Croix-Rousse et les Pentes ont été choisis pour la première édition en avril 2021, pour faire connaître l’initiative et surtout parce qu’il n’y a pas besoin d’autorisation spéciale pour le street art dans ces quartiers, ils en sont remplis ! La deuxième édition d’août 2021 se passe dans le 7ème arrondissement, mais hors des lieux assez fréquentés de Saxe et Guillotière, plus vers Jean Jaurès et Gerland. On a eu l’accord de la Mairie pour pouvoir choisir les murs, avec un soutien à 100% c’était vraiment top ! Pour les prochaines éditions, l’objectif est d’aller dans des lieux pas forcément très attractifs, pour donner un peu de d’impulsion à certains quartiers en invitant à la balade hors des sentiers battus.

Oeuvre pour le Murséum 2 – Crédit photo : Laesegura

Comment as-tu choisi les artistes ?

J’ai choisi au début mes amis, c’était plus simple ! Des amis en qui j’avais confiance et avec qui je voulais travailler aussi, des personnes dont j’admire le travail. Pour la première édition, les limitations kilométriques de déplacement ont malheureusement entraîné quelques annulations de dernière minute, mais tout s’est bien déroulé au final.

Pour la première édition, j’ai été accompagnée par les artistes suivants :

  • Jalb (@jalb38)
  • Barclay du Bon Pasteur (@barclaydubonpasteur)
  • The end of animals (@theendofanimals) qui nous avait envoyé ses œuvres par la Poste 
  • Bounka (@boun.ka)
  • Lo Stencil (@lo_stencil)
  • Sedlex (@@s.e.d.l.e.x)
Extrait du Murséum 1 – Crédit photo : Masha Magosia

Pour la deuxième édition, notre équipe s’est agrandie avec une présence féminine renforcée :

  • Ofé (@ofe_spirographist)
  • Dug Dug (@duggyworld)
  • iakhMan (@iakhman_pro)
  • Urbaine Amazone (@urbaineamazone)
  • Foufoune Art (@foufounart)
Extrait du Murséum 2 – Crédit photo : Laesegura
Extrait du Murséum 2 – Crédit photo : Laesegura

Quels messages souhaites-tu véhiculer avec tes œuvres ?

Mes œuvres représentent la nature car j’ai le souhait de la transposer dans la ville, qu’elle en fasse vraiment partie. Dans certains quartiers, il y a des associations qui gèrent des jardins partagés, et de nombreux espaces verts ; je voulais y participer à cette démarche. Mon message principal est aussi de se rappeler qu’on a qu’une nature, et qu’il faut la protéger.

« Fleurs fantasmagoriques » – Crédit photo : Masha Magosia

Concernant mes fleurs, elles ont un côté simpliste recherché pour garder comme une sorte de côté enfantin. A la base, je souhaite avant tout m’adresser aux enfants pour les éduquer à cette beauté, à chercher à avoir l’œil vif, à toujours regarder autour d’eux, et à trouver le merveilleux dans les choses les plus simples. A ma grande surprise, cela a plu à d’autres personnes que des enfants !

« Façade fleurie » – Crédit photo : Masha Magosia

Un autre de mes buts est aussi d’apporter de la poésie dans le quotidien. Par exemple pour un Noël j’avais fait du gui en espérant que cela pourrait peut-être aider des personnes à déclarer leur flamme (rires). Si mes œuvres émerveillaient ne serait-ce qu’un pourcent des passant.e.s, j’aurais tout gagné ! Une fois, j’avais volontairement laissé des aquarelles dans la rue, et ça a marché ! J’ai reçu quelques jours plus tard un message d’une jeune fille qui me disait quelque chose du genre : « Hello Masha ! J’ai trouvé une de tes aquarelles dans la rue avec mon copain, ça a été un peu comme un signe. Cela nous a fait plaisir parce que c’était une jungle d’une nature naissante, un peu comme notre amour. Donc merci ! ». En lisant cela, j’ai eu les larmes aux yeux, et je leur ai souhaité le meilleur. Donner de l’amour grâce à ce que je fais, je ne l’aurais jamais cru et pourtant c’est arrivé !

Gui – Crédit photo : Masha Magosia

Pourrais-tu nous décrire ta relation à l’art ?

Depuis que je suis enfant, je suis très touche-à-tout et très sensible. J’ai pratiqué beaucoup d’activités artistiques : le dessin, la musique, du chant, des arts plastiques etc. Cela a toujours été pour moi essentiel ! J’ai aussi eu une phase couture plus jeune, où je voulais être styliste : je dessinais des patrons et customisais des vêtements. Je lisais aussi beaucoup, je voulais écrire. Pendant un moment, je voulais être poétesse. J’ai participé à des tas de concours d’écriture et tout, j’étais à fond !

En plus de ma maman qui m’emmenait voir du street art et dans des musées, mon grand-père faisait de l’aquarelle et m’emmenait à des expositions ; et mon père dessinait. C’est de famille ! J’ai eu de la chance d’être baignée dans ce bain de culture dès mon plus jeune âge.

Aquarelle – Crédit photo : Masha Magosia

Ceci étant dit, je me disais que ce n’était pas fait pour moi. Je me suis donc tournée vers l’histoire de l’art, je voulais faire maître de conférences à la base. Au final j’ai choisi une autre trajectoire, mais cela a développé mon œil critique, toujours cela de pris ! (rires). Puis je suis tombée dans le street art, et depuis ça me plaît plutôt bien !

Quelle est l’influence des réseaux sociaux sur ton travail ?

J’ai un compte Instagram perso et un compte Instagram pour le street art (@mashamagosia). Ayant étudié le marketing, je connais les bénéfices des réseaux sociaux ; qu’il est important d’y être présent.e pour se faire connaître et entretenir son réseau. Il faut faire attention à l’effet de comparaison qui peut des fois être toxique. Chaque personne a son propre rythme : créer tout le temps, ou faire une pause et puis être super active pendant quelques mois. Le tout est de ne pas se mettre la pression.

Pour ma part j’ai réussi à m’en détacher. Je publie à ma guise et suivant mon temps, je n’en fais pas une priorité ; je préfère avancer dans mes projets avant tout.

Collaboration avec Iakhman – Crédit photo : Masha Magosia

Quel est ton rapport à l’espace urbain comme lieu de création ?

Pour ma part, je suis très fan d’architecture donc j’ai souvent la tête en l’air en train de regarder les bâtiments et me dire « waouh c’est beau ! » (rires). Même les grandes tours, avec le temps j’ai appris à apprécier leur esthétique brute ; un peu comme les œuvres de Le Corbusier avec du béton.

La rue est pour moi un terrain de jeux en perpétuel mouvement, on ne peut pas rêver mieux ! Venant de la campagne, cela devient de plus en plus compliqué pour moi d’envisager d’y retourner pour cette raison. Je n’ai pas envie de passer tout le temps devant des œuvres que j’aurais faites 20 ans avant (rires).

Par ailleurs, à mon sens il est essentiel de se réapproprier la rue, surtout en tant que femme. C’est un milieu qui reste très masculin et un peu fermé, il y a encore du chemin à faire ! Je me suis accrochée au début mais maintenant ça va, je pense m’être bien intégrée. Par exemple, les collages féministes (@collages_feministes_lyon et @ l_amazone_villeurbanne) donnent de la force aux femmes, c’est vraiment super. Par ailleurs, j’adore aussi ce que font Las Gatas (@lasgatas_streetart). Je trouve ça super beau et très engagé.

De manière générale, ce type de réappropriation, que ce soit pour faire passer un message ou pour défendre une cause, je trouve cela très important. De manière générale, la ville et ses bâtiments sont notre héritage, c’est à nous de construire la ville de demain !

« Lever de soleil » – Crédit photo : Graphull

Peux-tu nous partager un moment marquant de ton parcours, ou une anecdote ?

J’ai plein d’anecdotes et d’histoires ! (rires). Je dirais que mon meilleur projet est pour l’instant le Murséum. Je retiens aussi ma participation au Such’Art (@such_art_63) à Clermont-Ferrand, qui a été le premier projet où on m’a appelée pour participer, c’était top !

Oeuvre pour le Such’Art – Crédit photo : Masha Magosia

Tout ce qui a trait à mes premières sessions pochoirs et collages a aussi été important pour moi. Les interactions avec les passants peuvent être des fois un peu virulentes, mais la plupart du temps cela reste drôle. On me reconnaît souvent grâce à ma veste verte de graff pleine de peinture, car je ne mets pas de photos de moi sur Instagram. Ceci dit, une fois une dame et sa fille m’ont reconnue alors que je sortais du 81 store (@81store) avec des sprays plein les mains, et habillée « normalement » (rires). Elles m’ont demandé : « C’est vous qui faites les petites fleurs par terre ? ». Elle m’a laissé sa carte de visite en me disant qu’elle serait curieuse de venir lors de mes prochaines sessions. Je suis restée scotchée, je ne m’y attendais pas !

« Explosion florale » – Crédit photo : Masha Magosia

Quels sont les artistes que tu admires ? Quel est ton dernier coup de cœur artistique ?

Voici quelques artistes que j’admire :

  • Sedlex (@s.e.d.l.e.x) pour son travail de pochoir extrêmement fin, précis et symétrique !
  • Bounka (@boun.ka) pour son univers très stylé.
  • Webix (@webix.art), une street artiste iséroise pour son univers très sensible et plein d’émotions.
  • Ofé (@ofe_spirographist) pour sa collection de photos et d’archives impressionnante.
  • Bruno Big (@brunobig) pour ses œuvres arabesques incroyables.
  • Tender Flesh (@art.tenderflesh) pour ses pots de plantes assez originaux.
  • Caro L’abricot (@caro.labricot) pour ses illustrations pleines de poésie.
  • Plume et Plomb (@plume.et.plomb), un street artiste engagé à Moulins
  • Métamorfoz (@metamorfoz03) pour son travail à Moulins également.

C’est quoi pour toi être un.e artiste en 2021 ?

Pour moi, cela commence déjà par le regard que tu mets sur les choses. Tu peux être un.e artiste juste par la manière dont tu vois le monde et dont tu regardes les choses ; après c’est cela ce qui va t’amener à faire des choses. Cela a commencé comme cela de mon côté avec la chasse de street art : je cherchais, je regardais, je prenais des photos et je développais au fur et à mesure mon œil critique.

Il me semble aussi important de se détacher de l’aspect monétaire et de se faire plaisir avant tout. Sinon, tu perds ton âme d’artiste et tu deviens juste comme une multinationale qui fait des goodies. Créer en garder à l’esprit que l’œuvre ait un sens premier pour toi avant tout.

Ensuite, c’est un peu utopique mais pour moi un.e artiste accompli.e doit avoir une bonté d’âme, et une sensibilité. Il y a aussi toute une notion d’engagement, surtout en 2021. Chacun.e ses causes : la culture, l’écologie, la nature, le féminisme etc. Derrière chaque œuvre il y a toujours un sens caché.

Voilà, c’est un peu un petit mélange de tout ça je pense !

Bouquet – Crédit photo : Masha Magosia

Quelles sont tes dernières et prochaines actualités sur Lyon (& autres) ?

Bien entendu le Murséum et ses prochaines éditions !

J’ai aussi un autre projet en parallèle avec mon amie Rosa, qui s’appelle La Spirale (@mars.laspirale). Le but est la promotion et l’accompagnement d’artistes du milieu street art et hip hop sur Lyon et Marseille, avec des projets de festivals et d’événements. Peut-être que le Murséum s’exportera là-bas aussi, qui sait !

-INFOS PRATIQUES-

Instagram : @mashamagosia

Merci encore à Masha Magosia pour le temps qu’elle nous a accordé, nos échanges et sa bonne humeur !

Propos recueillis par Lise ANDRE.

1 Comment
  • Guy Warin
    Posted at 08:42h, 12 octobre

    Je viens de passer un excellent moment à la lecture de cet article qui m’a permis de mieux connaitre ma petite fille; BRAVO pour ces tres belles réalisations; je t’embrasse tres affectueusement, bonne continuatiion