Interview : L’ARTISTE SLIP ET L’EXPOSITION OMART

Interview : L’ARTISTE SLIP ET L’EXPOSITION OMART

Suite à notre passage dans la galerie Omart à Lyon qui met en avant chaque mois un artiste lyonnais différent, nous avons eu envie d’interviewer l’artiste du mois de Janvier, le collagiste Slip, afin d’en savoir un peu plus sur son travail pop, coloré et acidulé !

Temps de lecture : 4 minutes

– Présentation, qui es-tu ? Quel est ton parcours artistique ?

Moi c’est Slip, je fais du collage digital, je suis sur Lyon depuis plus de 25 ans maintenant.
J’ai commencé à travailler l’aspect graphique des choses par le biais d’un groupe de musique, des amis de lycée, le groupe s’appelait Apple Jelly.
Je me suis retrouvé au début de l’activité de ce groupe à m’occuper de toute la partie graphique : flyers, pochette, affiches, parutions sur le site internet, les réseaux sociaux…
Je produisais énormément de travaux, de rendu, ce qui m’a ensuite poussé à tendre vers des travaux plus personnel. C’est chouette car cela m’a permis d’aborder d’autres thèmes, des sujets qui me sont plus personnels et qui n’avaient pas lieu d’apparaitre dans le cadre du groupe.

-Quelles techniques utilises tu ? Pourquoi privilégier le collage numérique ? Qu’est que c’est ?

Je me suis mis, suite à mon travail avec mon groupe, à développer personnellement des travaux plus techniques.
Pour le fait d’avoir privilégié le collage numérique, c’est très simple, je n’ai à la base aucune formation artistique, par contre j’ai une formation informatique, le dialogue avec l’ordinateur était simplifié pour moi. Travailler avec les outils informatiques c’était pour moi beaucoup plus simple et j’ai bien fait car je suis beaucoup plus à l’aise toujours aujourd’hui avec ce type là d’art ! J’utilise principalement Photoshop et parfois un peu Illustrator également pour la partie vectorielle. Après l’aspect vraiment technique de ces logiciels, ce n’est pas réellement ce qui m’intéresse le plus, j’aime surtout avant tout avoir un message à véhiculer !

– Peux-tu nous parler de ton processus de réflexion plus en détails ? Comment sont constituées les scénettes que tu réalises ?

L’inspiration peut venir d’un peu partout, que ce soit dans la rue, une affiche que je vois, un fait d’actualité, des dialogues que j’entends dans le métro, çà peut être également mes rapports avec ma famille, mes enfants.
C’est vraiment l’idée principale qui guide mon travail, souvent autour d’un message à faire passer; une scène que je veux retranscrire. De cette idée là la composition se créé dans ma tête et je cherche une image. Je passe alors énormément de temps dans mon travail de recherche, j’estime cela à 50% de mon temps. Il faut trouver (par le biais de magazines ou sur internet) la bonne posture, la bonne personne, que les différentes images collent entre elles.
Quant à mon rapport aux couleurs, je suis de base plutôt attiré par des couleurs très simples, des triptyques de noir, blanc et rouge par exemple. Par contre c’est vrai que dans mes travaux actuels il y a beaucoup plus de couleurs, souvent un peu acidulées. Je me suis rendu compte que cela fonctionnait bien, cela vient contrarier le propos de mes œuvres et permet d’avoir également une première approche plus facile avec le public. J’aime créer un contraste entre des couleurs pop et un sujet plus sérieux de notre société actuelle.

-On ressent une forte influence de l’esprit soviétique dans tes travaux, est-ce une influence assumée ?

Oui c’est une influence complètement assumée ! Pour tout te dire c’est surtout du vécu car j’ai grandi dans une ville nouvelle, l’Isle-d’Abeau, où l’on baignait dans une architecture très rigide et à la fois fantaisiste. Ce sont des visuels qui ont marqué mon enfance, ensuite après m’être intéressé un peu plus à l’architecture et à l’urbanisme, je suis tombé sur des grands noms comme Le Corbusier par exemple qui m’ont poussé à intégrer cela dans mes œuvres.

-Est ce un parallèle avec le travail de Rodtchenko ? (photographe de propagande russe qui réalise aussi du collage pour trafiquer ses photos).

Alors pas directement, mais oui je suis un grand fan de son travail et de cette période là de l’histoire. Globalement tous les photographes et collagistes russes des année 1920-30 qui ont commencé comme artistes et qui ont continué dans la propagande soviétique.
Il faut bien entendu enlever toute l’idéologie derrière cela, mais si on s’intéresse au travail graphique, en effet cela est très inspirant !
Ce sont des éléments qu’on peut retrouver dans des travaux plus contemporains comme par exemple Peter Saville qui a pu réaliser les pochettes pour New Order ou Joy Division.

-Chez Omart nous avons vu un mur constitué d’oeuvre au format carré, avec des descriptions tout en hastag. Quelle est l’influence d’Instagram et plus gérénalement des réseaux sociaux sur ton travail ?

L’influence d’Instagram sur mon travail est majeure, avant mon inscription sur ce réseau je ne travaillais pas ce format là, c’était très rare que je fasse des visuels carrés. Je me suis retrouvé au début à poser mes travaux sur Instagram et ça ne rendait pas du tout comme je voulais, de ce fait je me suis adapté à ce format là.
Et c’est pareil pour les hastags, avant j’accompagnais toujours mes visuels de petits textes et là pareil sur Instagram pour que ça fonctionne j’ai privilégié des mots clés percutants notamment pour le référencement. C’est une adaptation avec mon temps et les médias qui m’entourent.

-Pour finir, quelles sont tes prochaines actualités et expositions artistiques sur Lyon ?

Ma période d’exposition chez Omart est finie mais j’espère que cette année nous aurons l’occasion de travailler ensemble avec Omart car c’est un suivi sur un an et de pouvoir, avec les 12 artistes, échanger et organiser une exposition collective.
De mon côté, j’ai plusieurs projets qui vont arriver à plus ou moins long terme, je travaille beaucoup avec des magazines qui me demandent de l’illustration d’articles ou des couvertures. Cette année je vais également collaborer avec un magazine de foot, sur un travail assez conséquent. Et pour finir, je vais travailler prochainement sur un film documentaire sur l’architecture soviétique où je réaliserai l’affiche du film !

-INFOS PRATIQUES-

Site Internet de SLIP : http://www.iamslip.com/ et sur Instagram : iamslip

Adresse Galerie OMART : OMART – 10, quai des Célestins, 69002 LYON – https://omart.fr/

Merci à Slip de nous avoir accordé un peu de temps pour une interview et merci pour sa gentillesse !

Propos recueillis par L. Dubois

Crédit photo : Charles Lavilenie dans le cadre de l’expo SLIP à OMART

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