INTERVIEW : kalouf, un artiste haut en couleurs

INTERVIEW : kalouf, un artiste haut en couleurs

Après l’avoir vu à l’œuvre le mois dernier lors de la réalisation de sa toute dernière fresque d’un guépard Place Mazagran, Lyon 7, ce mercredi nous avons eu l’immense privilège d’aller rencontrer l’artiste Kalouf dans son atelier privé. Zoom sur un artiste aussi talentueux que bienveillant.

Temps de lecture : 3 minutes

-D’où te vient ta passion pour le street art ?

Alors ce n’est pas vraiment une passion pour le street art que j’ai mais plutôt pour le graffiti. A la base je suis graffeur. Ce qui différencie le street art du graffiti c’est principalement que le graffiti fait parti de la culture hip-hop et je viens de ce milieu là. C’est une culture qui est apparue sur Paris dans le milieu des années 80, j’ai baigné dedans et j’ai commencé donc à m’intéresser à ce monde là très jeune. Au début je peignais tout seul, puis j’ai rencontré d’autres artistes et nous avons monté un collectif.

-Quelle est l’histoire de la fresque Place Mazagran ? Pourquoi le choix du guépard ?

Pour cette fresque il n’y a pas vraiment d’histoire, c’est plus le format, l’esthétique qui m’a donné envie de travailler un guépard. Cela m’a fait extrêmement plaisir aussi car j’ai habité dans cet immeuble il y a quelques années et j’avais déjà à l’époque demandé à la ville l’autorisation de peindre le mur et ça m’avait été refusé. Il y a vraiment une histoire avec le quartier, je passe tous les matins devant pour amener mes enfants à l’école.

Le Guépard – Place Mazagran, Lyon 7 – crédit photo : l.dubois

– Est-ce qu’il y a dans Lyon ou ailleurs une fresque dont tu es le plus fier ?

A Lyon ce n’est finalement pas l’endroit où j’ai fait le plus de fresque. Mais dans cette ville, la fresque dont je suis le plus fier est très certainement celle réalisée à La Part Dieu. Elle est monumentale (2 000m²) c’était vraiment un beau projet, cela m’a pris un mois pour la réaliser. C’était un beau challenge !

Le Gorille – Gare La Part Dieu, Lyon 3 – crédit photo : fabecollage

– Et la fresque qui est près du centre Léon Berard, c’est l’hôpital qui t’a commandé cette fresque ?

Non, en fait avec le collectif (Blast), on est plus dans la proposition, moi je vais repérer des murs et je vais dire « celui ci me parait intéressant » et on va essayer de voir s’il y a des copros et voir et si ça intéresse les propriétaires. Et en fait pour ce mur là, j’avais repéré en face deux grosses façades et notre agent du collectif a eu du mal à avoir les autorisations et en y allant il a vu le mur de l’hôpital et il a réussi à nous avoir cette façade là ! Pour ce projet là, je suis parti sur l’univers du Petit Prince car il y a une section spéciale pour les enfants (IHOP) dans cet hôpital.

Dessine moi un Renard – Centre Léon Bérard, Lyon 8 – crédit photo : Kalouf

– Pourquoi les animaux sont toujours au centre de tes œuvres ?

En fait je suis né en Afrique, mon père était spécialiste des serpents, il récupérait plein de bestioles, d’animaux en proie au braconnage et quand on est revenu en France il était garde forestier donc j’ai été sensibilisé très jeune à tout ça. Au début quand j’ai commencé à graffer, j’ai fait du graffiti, je ne cherchais pas forcément plus loin, du lettrage, des personnages. Puis après en travaillant autour de mon identité personnelle, je suis allé chercher un peu dans le passé, dans ce que je voulais vraiment défendre et c’est cette thématique qui est sortie. Pour moi l’art est un vecteur pour faire passer ce genre de message.

Le Combattant – Place de la Croix Rousse, Lyon 4 – crédit photo : Kalouf

-Quels sont tes prochains projets à Lyon ou hors frontières ?

En ce moment ça bouge pas mal au niveau des projets, la semaine prochaine je vais peindre une Porsche ! C’est une concession qui m’a fait cette commande. Ensuite je pars en Suède peindre un mur là bas dans une ville jumelée à Lyon. Puis je pars à Paris et j’ai aussi quelques projets à Lyon.

-Le mot de la fin, quel est ton objectif ultime en tant qu’artiste ?

De sensibiliser à l’écologie. Personnellement je m’éclate dans ce que je fais, j’en vis, je suis avec des amis avec qui artistiquement ça se passe super bien. L’idée c’est d’évoluer : de faire des nouveaux projets, d’évoluer dans ma création, de voyager. Il y a aussi ce côté social que j’aime bien dans le graffiti, tu es dans la rue, tu échanges avec les gens, tu égayes leur quartier, tu crées du lien.

Le Panda Roux – rue Bancel, Lyon 7 – crédit photo : Blast Art

-INFOS PRATIQUES-

Site Internet de Kalouf : http://www.kalouf.com/ , sur Instagram : @kaloufart et Facebook Kalouf Art

Merci encore à Kalouf pour le temps qu’il nous a accordé, sa spontanéité et sa bienveillance

Propos recueillis par L. Dubois.

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